62 ans après son arrestation le 17 janvier 1964, la vie de Czeslaw Jan Bojarski (1912-2003) est enfin portée au cinéma. Le film « L’affaire Bojarski » sortira en salle le 14 janvier 2026. Pour tous les collectionneurs de Billets de banque anciens, il était évident que le cinéma s’emparerait un jour de l’histoire de ce personnage extraordinaire surnommé le « Cézanne de la fausse monnaie ».
Tout a déjà été écrit et raconté sur l’exceptionnelle qualité des contrefaçons de billets de banques que Bojarski aura réussi à produire, seul, entre 1949 et 1963, pour un montant de 2.380.000 francs et à tromper ainsi la vigilance des services de la banque de France et le grand public. Pour en découvrir davantage, je ne peux que vous conseiller deux études brillantes et très détaillées réalisées sur Bojarski. La première étude par Muriel Bordogna, a été publiée dans le N°25 des « Cahiers anecdotiques de la Banque de France » (Pages 4 à 28). La seconde étude par Alain Dailly et avec l’aide de Fabien Alleman (pour la partie « Dans l’intimité microscopique du 100 NF Bojarski »), a été publiée dans le « PM magazine n°43 » de décembre 2016. Par ailleurs, l’article du Monde « Bojarski, faussaire exceptionnel » en date du 14 mai 1966, vous resituera dans l’atmosphère de l’époque suite au verdict du procès. Enfin, un article que j’avais produit en 2021 lors de mon bref passage chez numizon, mentionnait une vente d’un Bojarski sur ebay !
Enfin, si vous voulez que l’on vous raconte l’histoire authentique de Bojarski, la VRAIE avec tous les détails que vous ne verrez pas dans le film, n’hésitez pas à prendre contact avec Christian Porcheron, le grand spécialiste de la fausse monnaie en France et qui se fera un plaisir de vous faire visiter son musée extraordinaire tout proche d’Annecy !
Plus récemment, je vous invite à écouter l’émission « Affaires sensibles » de Radio France intitulée : « Ceslaw Bojarski, le Cézanne de la fausse monnaie », un podcast de 48mn publié le 24 novembre 2025 et disponible gratuitement à l’écoute.
La première contrefaçon de Bojarski
En janvier 1951, la Banque de France signale dans la région parisienne un trafic de faux billets de 1000 francs type 1945 Minerve et Hercule (Réf : F.41.00x). L’un de ces exemplaires, numéroté L.458-78756 sera vendu 3501€ par cgb.fr en 2020. Des exemplaires ont été identifiés dans les alphabets B.554 et L.593-77100 du 01-09-1949. Celui que je vous présente en illustration ci-dessous est en collection privée. Bojarski considérait ses premiers faux billets d’une fabrication très sommaire et ceux-ci portaient parfois tous les mêmes numéros (L.593-77100). Ainsi, le faussaire pensait que tôt ou tard, il se ferait prendre, qu’il allait voir arriver les gendarmes. Comme il n’y eu aucune réaction, cela l’incita à continuer. Nettement plus rare que le Bonaparte, le Minerve et Hercule par Bojarski reste cependant un faux exceptionnel :


La deuxième contrefaçon de Bojarski
C’est au début de l’année 1957 que Bojarski commence à travailler sur de fausses coupures du 5000 francs type 1949 Terre et Mer (Réf : F.48.00x). Au moins quatre faux billets de 5000 francs Terre et Mer par Bojarski sont connus à ce jour. Trois exemplaires (dont un numéroté X.93-57244) sont visibles au Musée de la fausse monnaie. Le quatrième billet, numéroté J.118-75906 en illustration ci-dessous, provient de la même collection que pour le 1000 francs numéroté K.208-56478. Les faux de cette deuxième contrefaçon sont extrêmement rares.


La troisième contrefaçon de Bojarski
C’est en septembre 1960 que Bojarski a l’idée de fabriquer des faux billets du 100 Nouveaux Francs type 1959 Bonaparte (Réf : F.59.00x). Le faussaire vient de s’installer dans une villa qu’il a fait construire à Montgeron. Les premiers essais de ce troisième et dernier faux sont effectués à la fin de l’année 1961. Cette coupure est la plus accessible à collectionner des trois. Un exemplaire inachevé (sans signatures) et utilisé pour essais avec manque de passage au noir, comportant une date et une numérotation différente au recto (2-2-1961 / A.110-87634) et au verso (1-3-1962 / O.153-74021) est actuellement proposé à la vente par cgb.fr (lot #546592) :


En mai 1966, Bojarski est condamné à 20 ans de prison. Fait unique, la Banque de France accepta de rembourser aux porteurs de bonne foi ses contrefaçons quasi indécelables. Bojarski dut apprécier cet hommage rendu à son talent.
L’authentique et le vrai sont deux notions distinctes entre lesquelles le « faux » se faufile à plaisir, ouvrant toutes grandes à l’esprit confus des humains les portes de l’art, pictural ou littéraire, dont l’un des vivants ressorts est le mensonge agréé. Michel Braudeau. Le Monde, 11 juillet 2005.


